
Le paysage politique béninois continue de se recomposer à bas bruit. Dernier épisode en date : l’annonce ce mardi 28 Avril 2026 du retrait de Paul Hounkpè du parti Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE), formation héritière de l’ancien pouvoir et aujourd’hui en perte de vitesse.
Par Irene Herman
Dans une lettre adressée à la direction du parti, Paul Hounkpè, candidat malheureux de la présidentielle du 12 avril 2026 évoque une décision prise dans un contexte particulier, marqué à la fois par les résultats de ce scrutin et par des réflexions internes sur l’avenir du FCBE. « J’ai décidé de me retirer afin de réfléchir », écrit-il, dans une formule sobre qui laisse entrevoir une prise de distance sans rupture brutale. Cette démission soulève toutefois une interrogation : s’agit-il d’un simple recul stratégique ou d’un prélude à un rapprochement avec l’équipe victorieuse ?
Présent au sein du parti depuis septembre 2019, Paul Hounkpè aura traversé une période charnière pour le FCBE, entre tentative de survie politique et redéfinition stratégique. Le parti, longtemps associé à l’ancien président Boni Yayi, peine depuis plusieurs années à retrouver une place centrale dans un paysage politique profondément remanié par les réformes institutionnelles et électorales.
Dans ce contexte, le départ, même temporaire d’une figure dirigeante n’apparaît pas anodin. S’il ne s’accompagne d’aucune critique frontale, le geste traduit néanmoins les interrogations qui traversent les rangs du parti. « Nous avons connu des hauts et des bas, des succès comme des échecs », reconnaît Paul Hounkpè, dans un bilan en demi-teinte. L’ancien responsable insiste toutefois sur la dimension personnelle de sa décision, affirmant vouloir prendre du recul pour mieux évaluer la manière dont il pourrait « être utile au groupe et à la nation ». Une posture qui, dans le contexte politique béninois, s’apparente souvent à une phase de repositionnement plutôt qu’à un retrait définitif et qui alimente les spéculations sur une éventuelle recomposition des alliances.
Il faut reconnaître que ce départ intervient à un moment délicat pour le parti, confronté à un double défi : maintenir sa cohésion interne tout en clarifiant sa ligne politique face à une majorité dominante et à une opposition fragmentée. Sans annoncer de succession ni de réorganisation immédiate, la formation devra désormais composer avec cette nouvelle donne. À moyen terme, la question demeure : le FCBE est-il en mesure de se réinventer, ou assiste-t-on à un lent effacement de l’une des principales forces politiques de l’après-Yayi au profit d’un alignement vers le camp au pouvoir ?
















