

Huit mois après la fin officielle de la précédente flambée épidémique, la République démocratique du Congo fait de nouveau face à une résurgence préoccupante du virus Ebola. Le vendredi 15 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé a confirmé l’apparition d’une nouvelle épidémie dans la province de l’Ituri, dans le nord-est du pays, après plusieurs semaines de cas suspects et de décès inexpliqués dans les zones de santé de Mongbwalu et Rwampara.
Par Irene Herman
Selon les derniers bilans publiés cette semaine par l’OMS et plusieurs agences sanitaires internationales, l’épidémie actuelle a déjà provoqué au moins 131 décès et plus de 500 cas suspects en RDC et en Ouganda voisin. Les autorités sanitaires ont confirmé plusieurs dizaines de cas positifs en laboratoire, tandis que de nombreux autres restent en cours d’analyse. L’inquiétude internationale s’est fortement accentuée avec l’apparition de cas dans des centres urbains stratégiques comme Goma et Kampala, ce qui augmente considérablement le risque de propagation régionale. L’OMS a d’ailleurs qualifié la situation « d’urgence de santé publique de portée internationale », une mesure réservée aux crises sanitaires majeures présentant un risque transfrontalier élevé.
La souche identifiée, dite « Bundibugyo », préoccupe particulièrement les spécialistes. Contrairement à la souche Zaïre, responsable de précédentes flambées et pour laquelle des vaccins existent, cette variante ne dispose actuellement ni de vaccin homologué ni de traitement spécifique validé à grande échelle. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a exprimé sa « profonde inquiétude face à la vitesse et à l’ampleur » de la propagation du virus. L’organisation a déjà débloqué plusieurs millions de dollars d’urgence afin de soutenir les opérations de dépistage, de traçage des contacts et de prise en charge médicale.
Sur le terrain, la situation demeure extrêmement complexe. Les provinces touchées par l’épidémie sont également affectées par des conflits armés, des déplacements massifs de population et une très forte insécurité. En Ituri, des centaines de milliers de déplacés vivent dans des camps précaires où les conditions sanitaires favorisent la circulation du virus. Les organisations humanitaires redoutent désormais une crise sanitaire régionale majeure. Les mouvements de population entre la RDC, l’Ouganda et le Rwanda compliquent le contrôle de l’épidémie, tandis que plusieurs pays voisins ont renforcé les contrôles frontaliers et les dispositifs de surveillance sanitaire.
Cette nouvelle flambée constitue la 17e épidémie d’Ebola recensée en RDC depuis l’identification du virus en 1976. Malgré l’expérience acquise par les autorités congolaises et les partenaires internationaux, les experts estiment que l’absence de vaccin contre la souche Bundibugyo pourrait rendre cette crise plus difficile à contenir que les précédentes.















