
À quelques jours de l’entrée en lice du Ghana à la Coupe du monde 2026, une décision des autorités canadiennes suscite de vives réactions dans le monde du football. Le Canada, pays coorganisateur du tournoi avec les États-Unis et le Mexique, a refusé d’accorder un visa au milieu de terrain ghanéen Thomas Partey, visé par plusieurs accusations de viol et d’agression sexuelle au Royaume-Uni.
Par Irene Herman
L’information, révélée par la presse internationale puis confirmée par la Fédération internationale de football (FIFA), prive le joueur de la possibilité de participer au premier match des Black Stars, programmé sur le sol canadien. Thomas Partey, ancien joueur d’Arsenal et figure majeure de la sélection ghanéenne, fait actuellement l’objet de poursuites judiciaires au Royaume-Uni. Il est accusé de plusieurs faits de viol et d’agression sexuelle qu’il conteste. Le joueur a plaidé non coupable et son procès doit s’ouvrir en 2027 devant la justice britannique.
Selon la FIFA, la décision relève exclusivement des autorités canadiennes. L’instance mondiale du football a rappelé qu’elle ne dispose d’aucun pouvoir en matière d’immigration et que chaque pays hôte conserve le droit souverain de décider de l’entrée ou non d’une personne sur son territoire. Le refus de visa ne signifie pas que Thomas Partey est déclaré coupable des faits qui lui sont reprochés. En vertu du principe fondamental de la présomption d’innocence, le joueur demeure innocent tant qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée par un tribunal.
Cette situation met toutefois en lumière les défis auxquels sont confrontés les organisateurs d’événements sportifs internationaux lorsque des athlètes impliqués dans des procédures judiciaires doivent voyager entre plusieurs pays. Alors que les États-Unis et le Mexique n’ont pas annoncé de restrictions similaires à l’encontre du joueur, le Canada applique ses propres règles d’immigration et d’admissibilité.
Pour la sélection ghanéenne, l’absence de Thomas Partey constitue un coup dur sur le plan sportif. Le milieu de terrain est considéré comme l’un des cadres de l’équipe et son expérience aurait pu s’avérer précieuse lors de cette phase de groupes. Les autorités canadiennes n’ont pas détaillé les motifs précis du refus, invoquant la confidentialité des dossiers d’immigration. Elles ont néanmoins rappelé que l’organisation d’une compétition internationale ne modifie pas les critères d’entrée sur le territoire national.
L’affaire intervient dans un contexte où les questions de responsabilité, de justice et d’éthique occupent une place croissante dans le sport de haut niveau. Elle pourrait également alimenter le débat sur les conditions d’accès aux grands événements sportifs pour les athlètes faisant l’objet de procédures judiciaires en cours. En attendant une éventuelle évolution de sa situation administrative, Thomas Partey devrait manquer le rendez-vous canadien du Ghana, tout en restant potentiellement éligible aux rencontres disputées dans les autres pays hôtes de la compétition.















