Coronavirus: hausse des cas de contaminations aux Etats-Unis et en Europe

Des clients allant chercher leurs commandes dans un restaurant, pendant le confinement dans le Maryland, aux Etats-Unis. Photo: Tapadi/Infostime@avril 2020

Après un long “plateau”, le coronavirus continue de s’accélérer dans une grande partie des Etats-Unis qui se croyait jusqu’ici épargnée, allant jusqu’à pousser le grand Texas à geler sa réouverture emblématique. En Europe, la situation est moins grave; toutefois, des villes et des quartiers sont de nouveau confinés, face à l’apparition de foyers, notamment dans des entreprises.

Le Texas, épris de libertés et Etat le plus grand du pays, avait commencé à rouvrir le 1er mai, mais le gouverneur Greg Abbott, a décidé jeudi de ne pas continuer aux étapes suivantes de déconfinement à cause de l’augmentation des hospitalisations liées au coronavirus. Il a par exemple limité les bars à leur capacité actuelle de 50%.

Revenir en arrière et fermer les commerces

“La dernière chose que nous voulons est de revenir en arrière et de fermer les commerces”, a déclaré Greg Abbott.

C’est pourtant la nouvelle crainte de nombreux responsables américains d’une vaste frange couvrant le Sud et l’Ouest, qui observent depuis quelques semaines leurs hôpitaux se remplir des malades du Covid-19. Ils se demandent s’il ne faut pas, au minimum, rendre obligatoire le port des masques en public. Le Nevada vient de le décréter pour tous les espaces publics fermés, et donc dans les casinos de Las Vegas, dès vendredi.

Explosion exponentielle des contagions

Pour l’instant le rythme des morts n’est pas reparti à la hausse dans le pays, qui est actuellement déjà le plus lourdement frappé au monde avec plus de 122.000 décès. Mais les experts avertissent que les trois dizaines de milliers de nouveaux cas désormais dépistés chaque jour sont l’avant-garde d’une explosion exponentielle des contagions.

“Avec le temps, ces gens vont commencer à être hospitalisés, et ils vont commencer à mourir”, dit l’épidémiologiste d’Harvard William Hanage. “Cela prendra peut-être quelques semaines ou plus, mais cela arrivera. Et n’oubliez pas que cela se passe dans une population bien plus grande que celle où ont éclaté les foyers du printemps”.

Une deuxième vague était redoutée pour l’automne et l’hiver, en conjonction avec la grippe saisonnière, mais c’est une vague estivale qui s’ébauche. Alors que seulement 5 à 8% de la population a été contaminée depuis le début de la pandémie, estiment les autorités sanitaires américaines.

Alarme et nouvelles sources de transmission en Europe 

L’Europe, elle, s’était déconfinée après avoir dompté la pandémie, mais elle surveille les redémarrages, quitte à ordonner de nouveaux confinements, comme ces derniers jours dans la banlieue de Lisbonne, en Allemagne autour d’un abattoir ou en Italie près de Naples. Avec le déconfinement, les usines, entreprises et exploitations agricoles s’ajoutent aux maisons de retraite et aux prisons comme des sources de transmission importantes.

L’Organisation mondiale de la Santé a mis en garde le continent, jeudi. “La semaine dernière, l’Europe a connu une augmentation du nombre de cas hebdomadaires pour la première fois depuis des mois”, a déclaré le directeur de la branche Europe de l’OMS, Hans Kluge, depuis Copenhague.

“Dans onze pays, l’accélération de la transmission a entraîné une recrudescence très importante qui, si elle n’est pas maîtrisée, poussera les systèmes de santé au bord du gouffre une fois de plus en Europe”, a-t-il poursuivi.

Mais la Tour Eiffel a rouvert à Paris, avec certes encore peu de touristes, et le Louvre suivra le 6 juillet.

La Grèce, elle, où l’épidémie a fait 190 morts, assure qu’elle a pris “un maximum” de mesures de sécurité pour protéger les touristes.  Les aéroports grecs accueilleront de nouveau des vols internationaux le 1er juillet.

Jusqu’ici, la pandémie a fait officiellement 483.872 morts dans le monde. Le seuil des dix millions de cas de Covid-19 dans le monde devrait être atteint la semaine prochaine alors que la pandémie n’a pas encore atteint son pic dans la région des Amériques, a averti l’OMS.

AFP/Rédaction