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Bénin : près de 100 millions d’euros mobilisés à Paris pour accélérer le développement

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Le président béninois, Romuald Wadagni, et son homologue français, Emmanuel Macron

Le président béninois Romuald Wadagni effectue les 4 et 5 octobre 2026, une visite officielle en France. Il a rencontré son homologue français Emmanuel Macron à l’Elysée. Les deux dirigeants ont discuté de l’avenir des relations entre le Bénin et la France. Occasion pour le président Wadagni et sa suite de décrocher plusieurs financements pour accélérer le développement en cours au Bénin. 

Par Jean Gontrant

Le Bénin et la France ont conclu plusieurs accords. Ils représentent près de 100 millions d’euros de financements obtenus auprès de l’Agence française de développement (AFD), de l’Union européenne et de Bpifrance. Le gouvernement béninois veut utiliser ces ressources pour répondre à trois priorités. Il veut améliorer l’accès à l’électricité. Il veut renforcer la production agricole. Il veut aussi développer une expertise nationale en matière d’ADN et de médecine légale.

Hugues Oscar Lokossou, ministre délégué béninois chargé de la Mobilisation des ressources extérieures et de la Gestion de la dette a signé deux conventions avec l’AFD. Il a également signé une lettre de mandat avec Bpifrance. Ces engagements sont intervenus à Paris, en marge d’un entretien entre le président béninois et le président français.

Le Bénin va consacrer selon sa délégation, 52,1 milliards de francs CFA, soit environ 79,4 millions d’euros, au secteur de l’électricité. L’AFD apporte un prêt de 32,8 milliards de francs CFA. L’Union européenne apporte un don de 19,3 milliards de francs CFA. Le projet PEDER+ doit permettre à la SBEE de réaliser plus de 120 000 nouveaux branchements. Le programme couvre 750 localités dans 15 communes du Mono, du Couffo et du Borgou.

Les communes concernées comprennent notamment Athiémé, Bopa, Comè, Grand-Popo, Lokossa, Aplahoué, Djakotomey, Dogbo, Klouékanmè, Lalo, Toviklin, N’Dali, Parakou et Tchaourou. Le projet vise à améliorer la qualité du service. Il ambitionne aussi de réduire les écarts d’accès à l’électricité entre les territoires. Il doit enfin réduire les pertes du réseau. L’électricité doit soutenir l’activité économique dans les zones rurales. Elle doit aussi faciliter la transformation agricole, le commerce et le développement des petites entreprises.

Le gouvernement du Bénin entend aussi consacrer 6,6 milliards de francs CFA, soit 10 millions d’euros, au développement de la pisciculture. Le programme prend en compte dix communes de l’Alibori, de l’Atacora et de la Donga. Les communes concernées sont Banikoara, Gogounou, Kandi, Kérou, Kouandé, Péhunco, Bassila, Copargo, Djougou et Ouaké. Le projet a pour objectif de développer toute la chaîne de valeur. Il vise à renforcer la production d’alevins,  améliorer l’élevage des poissons puis faciliter leur commercialisation. A terme, le pays veut ainsi augmenter sa production nationale de poisson. Et surtout, améliorer la qualité des produits disponibles sur le marché.

Selon Cotonou, 3,3 milliards de francs CFA, soit 5 millions d’euros, seront injectés dans des filières agricoles. Ce financement ciblera les secteurs avicole, cunicole, protéagineux et oléagineux. Le programme bénéficiera à 16 communes du Borgou, de la Donga, des Collines et du Zou. Ces investissements doivent renforcer la production locale. Ils doivent aussi créer davantage de valeur dans les territoires.

-Le Bénin prépare son premier grand laboratoire national d’expertise ADN-

Le troisième projet porte sur la santé, la justice et la recherche scientifique. Le Bénin prépare la création de la Plateforme de recherche, d’investigation et d’analyse médico-légale (PRIAM). Le projet associe le Bénin au Laboratoire d’hématologie médico-légale de Bordeaux et bénéficie également de l’appui de Bpifrance Assurance Export. La future plateforme doit accueillir un laboratoire national d’expertise ADN. Le laboratoire pourra réaliser jusqu’à 30 000 analyses par an. Le projet vise une accréditation internationale selon la norme ISO/IEC 17025.

Le programme prévoit également la formation de plus de 500 professionnels y inclus, la création d’une filière universitaire spécialisée. Cette infrastructure doit renforcer les capacités scientifiques du Bénin et pourra servir plusieurs domaines : aider la justice à identifier des victimes, établir des liens de filiation puis contribuer à identifier ou à innocenter des personnes mises en cause. Le laboratoire pourra également intervenir lors de catastrophes nécessitant une identification scientifique des victimes.