
Les 13 et 14 août, environ 300 jeunes leaders, entrepreneurs et innovateurs venus d’Afrique et du Japon se réunissent à Accra pour lancer l’Africa–Japan Youth Alliance (AJYA). L’objectif : ne plus être de simples invités des grands sommets internationaux, mais devenir acteurs concrets des politiques qui les concernent.
Par Irene Herman
Réunis dans le cadre du TICAD Youth Drive 2026, placé sous le thème « Youth Agenda 2055: From Vision to Action », les participants entendent transformer une vision politique élaborée par la jeunesse en mécanismes concrets d’action. L’initiative est portée par l’Africa Diaspora Network Japan (ADNJ), l’Africa Asia Youth Nest (AAYN), le gouvernement du Ghana à travers le ministère du Développement et de l’Autonomisation de la jeunesse, ainsi que plusieurs partenaires africains et japonais du développement.
Selon David Kpondéhou, président de l’ADNJ, l‘événement s’inscrit dans un processus lancé il y a plusieurs années. D’habitude, ces genre de rencontres servaient surtout à recueillir la parole des jeunes sur leurs attentes en matière d’opportunités, d’inclusion, de compétences et d’innovation. En 2025 à Yokohama, les échanges ont débouché sur un document structurant, « Youth Agenda 2055: The Future We Want », une vision pour l’horizon 2055. Accra marque l’étape suivante dont l’objectif est de donner à cette vision les moyens de se concrétiser.
Contrairement à de nombreuses initiatives de jeunesse dépendantes de financements extérieurs, l’AJYA se veut « youth-owned » et « youth-run », c’est-à-dire détenue et pilotée par les jeunes eux-mêmes. Son ambition est d’offrir un cadre permanent pour transformer les idées en projets, partenariats et actions mesurables, et de dialoguer d’égal à égal avec gouvernements, investisseurs et organisations internationales. A cette occasion, au-delà des discours, le programme mise sur des ateliers pratiques, des études de cas et des espaces de co-création. Les jeunes participants présenteront leurs projets devant des investisseurs et diplomates, avec une attention particulière portée aux talents des zones rurales, souvent absents des écosystèmes classiques de l’innovation.
La rencontre aboutira à l’adoption d’une déclaration commune, la « Youth TICAD Accra Declaration ». Mais celle-ci ne sera qu’un premier pas. Le succès de l’AJYA se jouera sur sa capacité à obtenir des partenaires politiques, des financements et des capacités de production de connaissances. Sans cela, l’agenda 2055 risque de rejoindre la longue liste des déclarations internationales ambitieuses mais sans suite concrète. Par ailleurs, cette initiative interroge la coopération entre l’Afrique et le Japon, historiquement construite via la TICAD à travers des canaux gouvernementaux. Une alliance transnationale pilotée par des jeunes pourrait élargir ce dialogue, à condition de trouver l’équilibre entre autonomie et légitimité institutionnelle.












