

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a animé ce jeudi 2 avril 2026, un point de presse au siège de l’organisation à New York. A cette occasion, il a réitéré ses inquietudes face à l’ampleur que prend le conflit au Moyen-Orient qui aborde son deuxième mois. M. Guterres a cependant mis en garde contre une aggravation de la situation qui selon lui, pourrait être difficile à obtenir.
Par Irene Herman
De nouvelles frappes meurtrières ont été signalées jeudi, contribuant à une forte hausse du prix du pétrole, qui a atteint 107 dollars en début de séance. L’hypothèse d’un règlement rapide s’éloigne, d’autant que le président américain Donald Trump a évoqué la possibilité de poursuivre les attaques pendant encore deux à trois semaines, tout en mentionnant des discussions en cours avec Téhéran.
Le chef de l’ONU a dénoncé une intensification des violences, marquée par des attaques indiscriminées, des victimes civiles et la destruction d’infrastructures essentielles. Selon lui, la région se rapproche dangereusement d’un conflit plus large aux répercussions mondiales. Les effets économiques se font déjà sentir bien au-delà de la région. Les perturbations du trafic maritime, notamment dans le détroit d’Ormuz, provoquent une hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, touchant particulièrement les populations les plus vulnérables dans plusieurs pays. António Guterres a appelé à un arrêt immédiat des hostilités, exhortant les États-Unis et Israël à mettre fin aux combats, et l’Iran à cesser ses attaques contre ses voisins.
Des initiatives diplomatiques sont en cours pour tenter d’ouvrir une voie vers la paix. L’envoyé personnel du Secrétaire général, Jean Arnault, a été dépêché dans la région pour soutenir les efforts de médiation, dans le respect du droit international et de la Charte des Nations Unies. Diplomate expérimenté, il dispose de près de quarante ans d’expérience dans la prévention et la résolution des conflits. António Guterres a rappelé que les guerres ne cessent que lorsque les dirigeants choisissent le dialogue plutôt que la confrontation.
-Un risque de conflit régional aux conséquences mondiales-
Parallèlement, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni pour discuter de la coopération avec le Conseil de coopération du Golfe, ainsi qu’avec la Ligue des États arabes. Lors de ces échanges, le Sous-Secrétaire général Khaled Khiari a également averti que la région se trouvait dans une situation extrêmement dangereuse. Sur le plan humanitaire, le Programme alimentaire mondial a alerté sur un risque accru de crise alimentaire mondiale, comparable à celui observé au début de la guerre en Ukraine en 2022. Si la situation perdure, jusqu’à 45 millions de personnes supplémentaires pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë cette année.
Enfin, à Beyrouth, une cérémonie a rendu hommage à trois Casques bleus indonésiens de la FINUL tués dans le contexte des affrontements entre le Hezbollah et Israël. Ces soldats ont perdu la vie lors de deux incidents distincts survenus fin mars. L’ONU a salué leur engagement et leur courage, tout en soulignant que la situation sur le terrain reste extrêmement préoccupante. Les échanges de tirs se poursuivent, mettant en danger les civils comme les forces de maintien de la paix. Un Casque bleu a d’ailleurs été blessé jeudi près de Meiss Jebel, illustrant la fragilité de la situation et l’urgence d’un cessez-le-feu.















