
Pour le deuxième spectacle de sa troisième saison, Dayihoun théâtre a reçu à Cotonou au Bénin, une compagnie guyanaise : le « Théâtre de la Ruche ». Les 08, 09 et 10 octobre la compagnie a présenté « Not Koko’s notes », une pièce de théâtre écrite par Édouard Elvis Bvouma lauréat du Prix RFI Théâtre en 2017 et publiée chez Lansman Éditeur en juin 2020.
Par Hervé Djossou
Quatre chaises et quelques costumes accrochés, c’est le décor épuré où se côtoient trois générations de femmes, dont les corps vibrent au rythme de paroles fortes, de chansons, de silences et d’une quête de liberté et d’émancipation. Au fil du spectacle, le public découvre un double portrait croisé de deux femmes qui, par la parole, la voix et la chanson, tentent de remettre en cause l’ordre établi.
Koko, la première, élevée au village par sa grand-mère, a hérité aussi bien de la belle voix de cette dernière que de son répertoire musical. Mais Koko ne veut pas s’arrêter au village. Elle rêve d’une carrière en ville, malgré les avertissements de sa grand-mère, qui connaît si bien les risques et les dangers de la vie urbaine. La mère de Koko avait déjà, par le passé, été happée et consumée par les sirènes de la ville. « N’y va pas, lui disait sa grand-mère. Je ne veux pas te perdre. Et si tu pars en ville pour te chercher… vas-y et chante, mais ne chante pas la politique…»
Koko finit par franchir les portes de la ville en chantant. Au cours d’une manifestation officielle, elle interprète « Atemengue », une chanson transmise par sa grand-mère. Elle déclenche ainsi le courroux des autorités, est arrêtée et jetée au cachot, avant de finir par s’exiler à Paris.
Quant à la jeune Nono, fille d’un notable proche du pouvoir, elle rêve de faire exactement comme Koko, son idole. Jeune élève, elle aspire à chanter comme Koko. Son ambition artistique provoque la colère de son père, qui l’envoie étudier à Paris afin de la détourner de la musique. Quelques années plus tard, les chemins de Nono et de Koko se croisent à Paris, et Nono reprend le flambeau de son idole.
Cette pièce de l’auteur camerounais Elvis Bvouma, interprétée par la compagnie guyanaise au Théâtre Dayihoun, s’inspire directement d’une histoire réelle : celle de l’artiste camerounaise Koko Ateba. La chanteuse a eu des démêlés avec le pouvoir camerounais après avoir interprété la chanson « Atemengue » lors d’une soirée au palais présidentiel, en 1988. Elle fut jetée en prison pendant deux mois, avant de s’exiler à Paris.













