Accueil A LA UNE À l’ONU, le Togo défend le multilatéralisme

À l’ONU, le Togo défend le multilatéralisme

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©UN Web TV

Le Togo a appelé vendredi à renforcer le multilatéralisme et le respect du droit international, tout en plaidant pour une mise en œuvre concrète de la résolution « Correct the Map », adoptée le 4 septembre par l’Assemblée générale des Nations unies. À la tribune de l’ONU, son ministre des Affaires étrangères Robert Dussey a également défendu le rôle du dialogue et de la médiation dans la prévention et le règlement des crises.

Par Irene Herman 

Prenant la parole au nom du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, du gouvernement et du peuple togolais, Robert Dussey a placé son intervention sous le signe de la défense du système multilatéral, dans un contexte international marqué par la multiplication des tensions géopolitiques et des conflits. « Nous avons besoin d’encore plus de multilatéralisme et d’encore plus de l’ONU », a déclaré le ministre, appelant à une Organisation des Nations unies plus efficace dans la prévention des conflits, plus représentative dans ses structures de décision et davantage en mesure de répondre aux réalités des populations.

Pour Lomé, la restauration de la confiance internationale passe d’abord par le respect des règles communes. Robert Dussey a notamment insisté sur le rôle du droit international, estimant qu’il contribue à garantir la stabilité des relations entre États et à prévenir les affrontements. Le ministre a également souligné les liens entre développement, climat et sécurité. Selon lui, les vulnérabilités économiques et climatiques peuvent accentuer les fragilités sécuritaires, notamment en Afrique. La réponse aux crises ne peut donc, a-t-il défendu, être limitée à l’action militaire.

Le Togo entend privilégier le dialogue, la prévention et la médiation. Robert Dussey a cité les efforts diplomatiques de son pays en Afrique de l’Ouest et dans le Sahel, ainsi que sa participation aux initiatives de médiation dans la région des Grands Lacs. « La médiation n’est pas une faiblesse ; elle est une expression de responsabilité », a-t-il affirmé.

-« Correct the Map », de la résolution à l’action-

Le deuxième volet majeur du discours a porté sur la cartographie mondiale. Le chef de la diplomatie togolaise est revenu sur son intervention à l’Assemblée générale du 26 septembre 2025, au cours de laquelle il avait dénoncé ce qu’il considérait comme une représentation disproportionnée de l’Afrique dans certaines cartes du monde. Il s’est félicité de l’adoption, le 4 septembre 2026, de la résolution A/80/L.104, intitulée « Correct the Map ». 

Pour le Togo, cette décision doit désormais dépasser le cadre symbolique. « Une résolution ne doit pas rester un texte. Une résolution doit devenir une action », a plaidé Robert Dussey. Lomé propose ainsi de transformer « Correct the Map » en une initiative internationale associant États membres de l’ONU, l’UNESCO, les universités, les scientifiques, les géographes, les historiens, les éducateurs, les jeunes et les acteurs technologiques. L’objectif est notamment de développer la recherche, de produire des données géographiques fiables et de renforcer l’éducation à la cartographie et à la représentation du monde.

Le Togo entend également inscrire cette initiative dans le contexte de la transformation numérique. Les cartes sont aujourd’hui omniprésentes dans les téléphones mobiles, les plateformes numériques, les systèmes de navigation et les outils d’aide à la décision. L’intelligence artificielle utilise elle aussi des données géographiques pour analyser et représenter le monde. Pour Robert Dussey, la question ne concerne donc plus seulement les cartes imprimées utilisées dans les écoles. Elle porte également sur l’image numérique de la planète transmise aux nouvelles générations.

Le Togo appelle ainsi à une coopération entre diplomatie, science, éducation et technologie afin que les représentations numériques du monde reposent sur les connaissances scientifiques disponibles et prennent davantage en compte les principes d’équité et d’inclusion. Le ministre a par ailleurs insisté sur la dimension mondiale du projet. Les cartographes africains, européens, asiatiques, américains, du monde arabe et du Pacifique sont invités, selon lui, à participer à cette réflexion.

Lomé souhaite également associer les jeunes générations, les écoles, les universités et les centres de recherche afin de faire de « Correct the Map » un espace international de recherche, d’éducation et d’innovation. « Nous ne sommes pas ici simplement pour corriger une carte. Nous sommes ici pour aider à corriger une manière de voir », a déclaré Robert Dussey.