

A l’occasion de la 81e session de l’Assemblée Générale de l’Onu, le Gabon a appelé ce samedi 26 Septembre 2026 à restaurer la confiance entre les États et à réformer la gouvernance mondiale. Libreville estime que l’Afrique doit disposer d’une place accrue dans les décisions internationales. Elle a également défendu ses positions sur la paix et la sécurité, le climat, le financement du développement et la régulation des technologies émergentes.
Par Irene Herman
La ministre gabonaise des Affaires étrangères et de la Coopération, chargée de l’intégration de la diaspora, Marie-Édith Tassile Idoumou Mbeni, a présenté la confiance comme une condition essentielle pour répondre aux crises qui se multiplient dans le monde. Conflits prolongés, tensions géopolitiques, changement climatique, inégalités, crises humanitaires, insécurité alimentaire et déplacements forcés de populations figurent, selon Libreville, parmi les principales menaces auxquelles la communauté internationale doit répondre de manière coordonnée.
« Restaurer la confiance entre les nations exige plus que jamais un retour aux principes fondamentaux du droit international », a déclaré la ministre, réaffirmant l’attachement du Gabon à la souveraineté des États, à leur intégrité territoriale et au principe de non-ingérence. La cheffe de la diplomatie gabonaise a également salué l’action du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, en faveur du multilatéralisme, alors que l’Organisation est confrontée à des tensions croissantes entre ses États membres.
Sur le plan régional, Libreville a appelé à renforcer la sécurité dans le golfe de Guinée, une zone maritime stratégique pour le commerce international et les économies d’Afrique de l’Ouest et centrale. Le Gabon, membre du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, a par ailleurs demandé la mise en œuvre de la résolution 2719 du Conseil de sécurité concernant le financement des opérations africaines de maintien de la paix. Selon Libreville, ce mécanisme doit permettre de renforcer les capacités du continent en matière de gestion des crises et la coopération entre l’ONU et l’Union africaine.
-L’Afrique demande une place accrue dans la gouvernance mondiale-
La réforme du Conseil de sécurité a constitué l’un des principaux points du discours gabonais. Libreville estime que l’Afrique doit obtenir une représentation accrue au sein de l’organe chargé des principales décisions internationales en matière de paix et de sécurité. « Il ne saurait y avoir de gouvernance mondiale légitime sans une participation équitable de l’Afrique », a indiqué Marie-Édith Tassile Idoumou Mbeni.
Le Gabon défend ainsi une réforme plus large du système multilatéral, qu’il souhaite plus représentatif des équilibres internationaux actuels. Cette revendication s’accompagne d’un appel à revoir les mécanismes internationaux de financement du développement. Libreville souhaite notamment davantage de financements pour les pays qui s’engagent dans la protection de l’environnement et la réduction des émissions de carbone.
Le Gabon, fortement couvert par les forêts du bassin du Congo, demande une meilleure valorisation financière de leur rôle dans la régulation du climat mondial. La ministre a appelé à des mécanismes de financement juste, adéquat, prévisible et durable. Sur le plan économique, Libreville souhaite également renforcer les partenariats permettant la transformation locale des ressources naturelles, la diversification de l’économie, le transfert de technologies et le développement des compétences nationales.
Ces priorités sont intégrées, selon la ministre, au Plan national de croissance et de développement 2026-2030, qui prévoit notamment des investissements dans les infrastructures administratives, sanitaires et éducatives. Le Gabon a également consacré une partie de son intervention aux technologies numériques et à l’intelligence artificielle. Libreville reconnaît leur potentiel économique et social, mais met en garde contre les risques liés à la cybercriminalité, à la désinformation et aux atteintes à la vie privée.
Le gouvernement gabonais affirme avoir engagé une adaptation de son cadre réglementaire dans ce secteur et dit vouloir parvenir à un environnement numérique à la fois ouvert, sécurisé et respectueux des libertés fondamentales. La question de la mémoire historique a également été évoquée. Le Gabon a salué l’adoption d’une résolution des Nations unies consacrée à la traite des esclaves africains, présentée comme une reconnaissance d’un chapitre majeur de l’histoire du continent. Libreville a enfin réaffirmé son soutien à Cuba et s’est associé aux appels en faveur de la levée de l’embargo visant l’île.













