

La mobilisation lycéenne et étudiante s’intensifie en France. Après une journée dejeudi marquée par des blocages, des dégradations et près de 2 000 interpellations, plus de 400 établissements scolaires doivent rester fermés vendredi. Legouvernement appelle à l’apaisement, alors que les revendications sur les conditions d’études continuent de gagner du terrain.
Par Jean Gontrant
La contestation lycéenne franchit un nouveau seuil. Selon le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, un peu plus de 400 établissements seront fermés vendredi, avec un recours aux cours à distance lorsque les conditions de sécurité ne permettent pas d’accueillir les élèves.
La décision intervient après une journée particulièrement tendue. Jeudi, le ministère de l’Intérieur a recensé 1 949 interpellations, tandis que des incidents ont été signalés dans plusieurs villes, avec des incendies, des dégradations et des affrontements avec les forces de l’ordre. Le ministère de l’Éducation fait également état de 170 élèves et 65 personnels blessés depuis le début de la mobilisation.
Le mouvement, né autour des conditions d’enseignement, du manque de personnels etdes moyens accordés à l’Éducation, s’est progressivement étendu aux universités. Jeudi, des blocages ont notamment été signalés sur plusieurs campus à travers le pays. À Toulouse, plusieurs établissements ont été fermés vendredi après des violences etdes dégradations survenues la veille. D’autres incidents ont été rapportés à Nantes, Marseille, Strasbourg ou encore Le Havre.
Face à cette situation, le gouvernement affirme vouloir garantir la sécurité des élèves et des personnels tout en reconnaissant la légitimité des revendications. Édouard Geffray doit rencontrer vendredi des représentants lycéens et des associations de parentsd’élèves afin d’échanger sur les difficultés soulevées par le mouvement.
-Le gouvernement tente de reprendre la main-
La crise intervient alors que l’exécutif prépare le budget 2027. Jeudi, le gouvernement a annoncé qu’il renonçait finalement à instaurer des frais d’inscription pour les étudiants non boursiers en BTS et en classes préparatoires, une mesure qui avait contribué àalimenter la contestation. Dans le même temps, le gouvernement attribue une partie de l’escalade à l’action de groupes politiques et d’ultragauche. Cette lecture est contestée par La France insoumise, qui rejette ces accusations et dénonce de son côté la réponse des autorités.
Vendredi, l’enjeu est désormais double : permettre aux revendications étudiantes et lycéennes de s’exprimer tout en empêchant une nouvelle flambée de violences. Avec plus de 400 établissements fermés et une mobilisation qui gagne les universités, le mouvement est devenu en quelques jours une crise nationale que le gouvernement cherche désormais à contenir.














