
De Paris à Lourdes, avant de conclure son voyage à Metz, Léon XIV effectue une visite de quatre jours en France. Entre rencontres politiques, rendez-vous religieux et dialogue interreligieux, le souverain pontife veut faire de son déplacement un plaidoyer pour la paix, le dialogue et l’unité européenne. En France, le pape Léon XIV déroule un voyage qui dépasse largement le cadre d’une visite pastorale. Du 25 au 28 septembre, le souverain pontife s’est rendu à Paris, Lourdes puis Metz, avec une idée directrice : parler de paix et d’unité dans une Europe confrontée à de profondes incertitudes.
Par Jean Gontran
À Paris, première étape de son déplacement, Léon XIV a rencontré Emmanuel Macron à l’Élysée. Le pape s’est également rendu à l’UNESCO, avant de rencontrer les jeunes au Stade de France. Une séquence qui illustre la diversité de son agenda : diplomatie, culture, éducation et transmission de la foi se retrouvent au même programme. Cette volonté de s’adresser à plusieurs générations et à plusieurs catégories de la société accompagne l’ensemble du voyage. Car derrière les cérémonies et les rencontres protocolaires, le Vatican cherche aussi à porter une parole sur les fractures contemporaines, la nécessité du dialogue et la recherche de la paix.
À Lourdes, le ton change. Dans ce haut lieu du catholicisme mondial, Léon XIV retrouve la dimension spirituelle de sa mission. Prière à la grotte de Massabielle, célébrations, rencontre avec les évêques et échanges avec les malades : l’étape pyrénéenne place la foi et la proximité avec les plus fragiles au premier plan. Lourdes constitue également un rappel de la place particulière occupée par les sanctuaires dans la vie de l’Église. Chaque année, des millions de pèlerins s’y rendent, faisant de la ville un lieu où se rencontrent croyants, malades, familles et visiteurs venus du monde entier.
C’est à Metz que le voyage prend une dimension résolument européenne. Le pape doit y participer à une rencontre interreligieuse avant un rendez-vous consacré aux racines de l’Europe pour la paix et l’unité. Le choix de la ville lorraine donne à cette séquence une résonance particulière. À proximité des frontières allemande, belge et luxembourgeoise, Metz incarne cette Europe des échanges et des frontières traversées quotidiennement. Elle rappelle aussi combien l’histoire du continent a été façonnée à la fois par les conflits et par les efforts de réconciliation.
Le pape doit notamment évoquer la figure de Robert Schuman, dont l’héritage est étroitement associé aux débuts de la construction européenne. La référence est symbolique : l’Europe imaginée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale devait précisément transformer un continent marqué par les guerres en un espace de coopération.
-Un message adressé à une Europe sous tension-
En choisissant de consacrer la dernière étape de son voyage à la paix et à l’unité, Léon XIV place son déplacement français dans un contexte international particulièrement sensible. L’Europe est confrontée à la guerre, aux tensions géopolitiques, aux débats sur son avenir et aux interrogations sur sa capacité à maintenir une cohésion entre ses États et ses sociétés. Dans ce contexte, la parole du pape ne se limite pas à une exhortation religieuse : elle s’inscrit aussi dans le débat plus large sur les valeurs qui peuvent contribuer à la paix.
Le dialogue interreligieux occupe, à cet égard, une place centrale. Dans des sociétés européennes de plus en plus diverses, la rencontre entre responsables religieux est présentée comme un moyen de favoriser la compréhension mutuelle et de lutter contre les divisions. Le pape entend également s’adresser à la jeunesse. Sa rencontre avec les jeunes à Paris constitue l’un des moments les plus visibles du voyage. Elle traduit une préoccupation récurrente du Vatican : transmettre un message d’espérance à une génération qui grandit dans un monde marqué par les crises, les bouleversements technologiques et les incertitudes géopolitiques.














