
Hollywood a vécu ce mardi un moment historique. Sur Hollywood Boulevard, au cœur de Los Angeles, Angélique Kidjo a officiellement reçu son étoile sur le célèbre Walk of Fame, devenant ainsi la première musicienne noire africaine à recevoir cette distinction dans la catégorie « Recording ». Il s’agit de la 2854e étoile du célèbre boulevard.
Par Irene Herman
La cérémonie, organisée en présence de proches et de membres de la famille de l’artiste, a également réuni des représentants des autorités béninoises dépêchés à Hollywood : Yassine Latoundji, ainsi que l’ambassadrice du Bénin aux États-Unis, Agniola Ahouanmenou par le président de la République du Bénin. Était également présent à cette cérémonie, le célèbre acteur d’Hollywood Djimon Hounsou d’origine béninoise. À travers cette présence officielle, c’est tout un pays qui est venu accompagner l’une de ses plus grandes ambassadrices culturelles à un moment où elle fait son entrée dans l’histoire. Pour le Bénin, mais aussi pour l’Afrique et la diaspora africaine, cette étoile dépasse largement le parcours individuel d’une artiste. Elle vient consacrer plus de quatre décennies d’une carrière internationale au cours de laquelle Angélique Kidjo a fait de la musique un espace de rencontre entre les peuples, les cultures et les générations.
Prenant la parole lors de la cérémonie, Harvey Mason Jr., CEO de l’industrie musicale Recording Academy, a souligné que la carrière d’Angélique Kidjo ne pouvait être réduite aux récompenses, aux ventes, aux classements ou aux millions d’écoutes. Il indique que certaines carrières se mesurent aux trophées. D’autres aux succès commerciaux. Mais il existe des artistes dont l’influence se mesure autrement : à leur capacité à changer les perceptions, à élargir les frontières culturelles et à laisser une empreinte durable dans la vie des autres. Et, « Angélique Kidjo appartient incontestablement à cette catégorie », renchérit-il.
Depuis ses débuts, l’artiste d’origine béninoise a construit une œuvre qui fait dialoguer les traditions africaines avec les sonorités venues d’autres continents. Ses collaborations avec des artistes de différentes générations et de différents univers musicaux ont contribué à installer durablement la musique africaine au cœur du paysage culturel international. Elle a innové sans renier ses racines. Elle a regardé vers l’avenir sans oublier la tradition. C’est précisément cette capacité à rester authentique tout en évoluant avec son époque qui constitue l’une des signatures de son parcours.
-Une voix qui a rapproché les cultures-
Au fil de sa carrière, Angélique Kidjo a démontré que la musique pouvait franchir les frontières que la géographie, l’histoire ou les différences culturelles avaient parfois érigées entre les peuples. Sa voix a voyagé de l’Afrique aux États-Unis, de l’Europe à l’Asie, du Moyen-Orient aux grandes scènes internationales. Elle a porté avec elle des histoires, des rythmes, des langues et une vision de l’Afrique qui ne se limite ni aux clichés ni aux représentations traditionnelles. Son message est universel. « Nous pouvons venir d’horizons différents et néanmoins nous retrouver dans une même émotion », fait entendre le président directeur général de Recording Academy.
C’est cette dimension de son œuvre que l’hommage rendu à Hollywood a particulièrement mise en lumière : Angélique Kidjo n’a pas seulement chanté pour des publics du monde entier. Ron Frierson, président de la chambre de commerce d’Hollywood renchérit en indiquant qu’elle a créé des passerelles entre eux. L’émotion était d’autant plus forte que la cérémonie s’est déroulée sous le regard de représentants du Bénin présents à Los Angeles à l’occasion de cet événement exceptionnel.
La présence de la délégation béninoise, dépêchée par le président de la République, a donné à la cérémonie une dimension nationale et diplomatique particulière. Car derrière le nom d’Angélique Kidjo se trouve une terre : le Bénin. Un pays dont la richesse culturelle, les traditions et les héritages artistiques ont nourri l’identité de la chanteuse et accompagné son rayonnement international. À Hollywood, son étoile devient ainsi un nouveau point de visibilité pour le Bénin sur la carte culturelle mondiale. Elle rappelle également que la puissance d’une nation ne se mesure pas uniquement à son économie ou à son influence politique. Elle se mesure aussi à la capacité de ses créateurs à porter son identité, son histoire et son imaginaire au-delà de ses frontières.
« Nous, les Africains, ne savons pas ce que nous avons donné au monde », a lancé Angélique Kidjo dans son discours durant lequel elle a replacé cette reconnaissance dans une perspective continentale. Avec émotion, elle a évoqué ce que l’Afrique a apporté au monde et continue de lui apporter à travers sa culture et sa musique. Son propos portait une conviction forte : les Africains doivent davantage prendre conscience de la valeur de leur patrimoine culturel et de leur contribution à la création musicale mondiale. Pour l’artiste, cette prise de conscience doit également s’accompagner d’une ambition pour les générations futures.
Angélique Kidjo a multiplié les remerciements à sa famille, à ses collaborateurs, à son management, à ses partenaires de l’industrie musicale et à toutes celles et ceux qui l’ont accompagnée au fil des années. Elle a également salué les dirigeants et les responsables de l’Académie de l’enregistrement avec lesquels elle a travaillé, ainsi que les équipes qui ont contribué à faire vivre ses projets. En devenant la première Africaine noire à recevoir une étoile au Hollywood Walk of Fame, Angélique Kidjo franchit une nouvelle frontière. Le Walk of Fame est l’un des symboles les plus connus de l’industrie mondiale du divertissement et compte désormais son nom parmi ses légendes. Cette distinction intervient également à un moment où la musique africaine connaît une visibilité internationale sans précédent.














