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Bénin-Canada : un partenariat qui mise sur l’inclusion des femmes et le numérique

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La visite de la ministre canadienne des Affaires étrangères l’honorable Anita Anand à Cotonou, ce mercredi 5 août 2026, a mis en avant un axe social du partenariat entre le Canada et le Bénin, centré sur l’autonomisation économique des femmes et la transformation numérique. Loin d’un supplément d’âme, ces priorités se traduisent en financements concrets et en choix stratégiques assumés par les deux capitales.

Par Esse Sewa

Selon les autorités canadiennes, environ 11,5 millions de dollars canadiens (4,68 milliards de FCFA) seront consacrés à l’inclusion économique des femmes et au développement numérique. Ce financement doit soutenir à la fois l’entrepreneuriat féminin et l’économie portuaire du pays. « Trop souvent, l’égalité femmes-hommes reste un slogan sur les frontons », observe une responsable d’une organisation de femmes entrepreneures de Cotonou. Elle se réjouit du présent financement, indiquant que « là, on parle de crédits, d’accès aux marchés, de formation. C’est une inclusion qui se compte, pas seulement qui se proclame ».

L’approche traduit une conviction partagée : autonomiser les femmes n’est pas une politique périphérique, mais un moteur de croissance. En dotant les Béninoises de moyens réels d’entreprendre, le partenariat entend libérer un gisement de productivité longtemps sous-exploité. Ce pari n’a rien d’anodin dans un pays où le secteur informel, largement féminin, constitue l’ossature de l’activité quotidienne. En ciblant l’entrepreneuriat des femmes, Ottawa et Cotonou visent un effet de levier : chaque franc investi dans une entrepreneure irrigue une famille, un quartier, une chaîne d’approvisionnement.

« Quand une femme prospère, c’est toute une communauté qui avance, résume une bénéficiaire d’un programme d’appui, rencontrée en marge des cérémonies. Ce financement, pour beaucoup d’entre nous, c’est la différence entre survivre et se développer ». L’ancrage dans l’économie portuaire mérite d’être souligné. En rattachant l’autonomisation féminine à un secteur aussi stratégique que la logistique, le partenariat refuse de cantonner les femmes aux marges de l’activité. Il les inscrit au contraire dans les circuits qui font tourner l’économie nationale.

-La transformation numérique comme accélérateur d’inclusion-

Le volet numérique complète ce dispositif. Formation aux compétences digitales, accès aux outils, appui à la transition technologique : le numérique est ici pensé comme un vecteur d’inclusion autant que de compétitivité. Dans un monde où l’illettrisme digital devient une nouvelle forme d’exclusion, l’enjeu est de ne laisser personne au bord du chemin. « Le numérique peut creuser les inégalités ou les réduire, tout dépend de la manière dont on l’accompagne, note un acteur du secteur des technologies à Cotonou. En liant financement de l’inclusion et transition numérique, ce partenariat fait le bon choix : celui de démocratiser l’accès plutôt que de le réserver à une élite ».

Cette dimension sociale s’articule avec l’exigence de durabilité qui traverse l’ensemble du partenariat. La modernisation résiliente au climat du Port de Cotonou, financée par Ottawa, participe de la même philosophie : préparer les infrastructures et les populations aux chocs de demain. Résilience climatique, inclusion économique, transformation numérique : les fils se rejoignent dans une vision qui refuse de séparer la croissance de la justice sociale. « Ce qui distingue cette coopération, c’est sa cohérence, analyse une spécialiste des politiques de développement. On ne juxtapose pas des projets : on tisse un ensemble où le port, les femmes, le numérique et le climat se répondent. C’est une empreinte sociétale, pas un catalogue d’actions ».

À l’heure du bilan, la visite d’Anita Anand aura donc porté bien au-delà des symboles diplomatiques et des chiffres commerciaux. En inscrivant l’inclusion, le leadership féminin et la résilience au rang de priorités financées, le partenariat Bénin-Canada affiche une ambition rare : celle de conjuguer la performance économique et la transformation sociale. Reste le plus difficile : faire descendre ces engagements jusqu’aux bénéficiaires, dans les ateliers, les marchés et les quartiers. Car c’est là, et non dans les salons de la chancellerie, que se mesurera l’empreinte réelle de cette coopération. Mais le cap, ce mercredi, était clairement fixé : une croissance qui inclut, ou elle ne sera pas.