Bénin: le COVID-19 ruine l’économie et la quiétude

(Photo by PIUS UTOMI EKPEI / AFP)

Le Bénin a connu son premier mort du coronavirus le dimanche 05 avril, après plusieurs semaines d’intense gestion de la pandémie. Les autorités béninoises qui ont mis l’accent sur des méthodes préventives, faites de conseils et de diffusion de messages à l’endroit des populations espèrent que ce décès ne sera pas le début d’une longue liste. Et pour éviter une hécatombe, plusieurs mesures avaient prises en amont. 

Par Rodrigue Azinnongbé

Mise en place d’un centre d’isolement sur un ancien site d’école de police, isolement de 12 communes au sud du pays, obligation de porter un masque dans les principales villes, distanciation sociale d’un mètre à respecter dans les lieux publics, fermeture des débits de boissons, interdiction des transports publics, bref, autant de mesures sensées restreindre la propagation du virus au sein des populations. Mais des voix s’élèvent pour critiquer le maintien du trafic aérien, puisque près de 90% des personnes déclarées porteuses du virus sont des voyageurs rentrés sur le territoire national et mises en quarantaine. A cela s’ajoute la difficile mise en application des mesures prises par le gouvernement, du fait du déni de reconnaissance de cette maladie par un très grand nombre de Béninois.

Pour certains, cette maladie n’existe pas; pour d’autres, si elle existe, c’est une maladie des Blancs. Le premier décès enregistré intervient comme un rappel à l’ordre et à la vigilance. La psychose s’installe avec des suspicions/soupçons des cas un peu partout sur l’ensemble du territoire notamment dans les grandes ville du Bénin. Chaque quinte de toux ou un éternuement est scruté de façon suspecte par les voisins. “Moi je n’ai même plus le courage de m’approcher de mon épouse puisse qu’elle vend au marché. Et je ne sais pas qui ont été ses clients tout au long de la journée. Donc vous voyez, c’est difficile cette affaire là. Personne ne veut mourir”, confie Imran, un entrepreneur réduit à l’isolement loin de ses activités.

-L’économie au ralenti-

Sur le plan économique, les activités tournent au ralenti et les chiffres d’affaires des commerçants en ressentent déjà les effets. “Depuis bientôt une semaine, je n’ai même pas encore vendu pour 20.000fcfa”, se lamente Rachida Mouftaou, qui dénonce les restrictions de mouvements imposées par les autorités béninoises. Mais le gouvernement béninois, contrairement aux pays voisins n’a pour l’heure pris aucune mesure d’accompagnement des différents secteurs touchés par cette crise sanitaire. Du côté des professionnels de la santé sur le front de la lutte contre la pandémie, c’est la soupe à la grimace avec les derniers développements suite au décès enregistré dimanche. Des voix s’élèvent pour dénoncer le manque de moyens et les protocoles de gestion de crise pas très claire entre les formations sanitaires privées et le centre d’isolement. Les tests de dépistage ne se font que pour les cas suspects, alors que beaucoup réclament des tests de masse pour permettre d’avoir les chiffres réels des personnes contaminées. Pour bon nombre de Béninois, les chiffres avancés des personnes contaminées ne sont pas réels. En attendant, la population est appelée à respecter les gestes barrières qui doivent éviter la propagation du virus au sein de la population.