

Le conflit qui secoue le Moyen-Orient depuis la fin du mois de février pourrait avoir des conséquences économiques et sociales majeures à l’échelle mondiale. Selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), environ 32 millions de personnes, réparties dans 162 pays, pourraient sombrer dans la pauvreté.
Par la Rédaction
Si les effets les plus immédiats se concentrent dans les zones directement touchées par les combats, l’impact du conflit dépasse largement les frontières régionales. À plus long terme, des pays éloignés pourraient également subir des répercussions importantes, notamment en raison de la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires.
L’analyse du PNUD met en évidence une réalité préoccupante : les pays les plus vulnérables, disposant de faibles marges budgétaires, sont les plus durement affectés. Incapables d’absorber durablement les hausses de coûts, ils se retrouvent confrontés à des choix difficiles entre la stabilisation des prix à court terme et les investissements essentiels dans la santé, l’éducation ou l’emploi. “La guerre fait reculer le développement : en quelques semaines, un conflit peut anéantir ce que les pays ont construit au fil des années”, a déclaré Alexander De Croo.
Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu dans la nuit de mardi à mercredi, la crise entre désormais dans une phase durable. Plus cette situation se prolonge, plus le risque d’aggravation de la pauvreté dans les pays fragiles augmente. Dans le scénario le plus pessimiste, la moitié de l’augmentation mondiale de la pauvreté concernerait les 37 pays importateurs nets d’énergie. Ces économies, particulièrement exposées aux fluctuations des prix, subissent de plein fouet les conséquences du conflit. Si les pays développés disposent de leviers pour amortir ces chocs, d’autres régions apparaissent beaucoup plus vulnérables, notamment les pays du Golfe, d’Asie, d’Afrique subsaharienne ainsi que les petits États insulaires en développement.
Dans les États arabes, les projections sont particulièrement alarmantes : près de 4 millions de personnes supplémentaires pourraient tomber dans la pauvreté en cas d’intensification du conflit. Les zones du Levant, ainsi que des pays déjà fragilisés comme le Soudan et le Yémen, concentreraient l’essentiel de cette dégradation. Le PNUD prévoit également une contraction du produit intérieur brut comprise entre 3,7 % et 6 %, soit une perte estimée entre 120 et 194 milliards de dollars, principalement dans les régions du Golfe et du Levant.
-L’Afrique déjà sous pression-
Le continent africain ressent déjà les effets de cette crise. La dépréciation de 29 monnaies nationales renchérit le coût de la dette extérieure et alourdit les importations de produits essentiels tels que les denrées alimentaires, le carburant ou les engrais. Par ailleurs, les perturbations des approvisionnements énergétiques en provenance du Golfe menacent l’accès à des intrants agricoles essentiels comme l’ammoniac et l’urée, en pleine saison des semis. Une situation qui pourrait entraîner une baisse de la production agricole et accentuer l’insécurité alimentaire, en particulier chez les populations les plus vulnérables.
Face à cette situation, le PNUD préconise la mise en place de transferts monétaires ciblés et temporaires pour soutenir les ménages les plus fragiles. Cette mesure, considérée comme prioritaire, pourrait nécessiter jusqu’à 6 milliards de dollars selon l’évolution du conflit. En revanche, l’organisation déconseille les subventions énergétiques généralisées, jugées inefficaces et coûteuses à long terme, car elles bénéficient principalement aux ménages les plus aisés. Dans ce contexte incertain, l’issue du conflit et les réponses politiques adoptées seront déterminantes pour limiter l’ampleur d’une crise sociale qui s’annonce déjà mondiale.
Source: ONU












