Liberia: le président Weah annonce des mesures pour combattre l’inflation

Le président du Conseil européen Donald Tusk et le président du Liberia George Weah à Bruxelles le 6 juin 2018 | AFP | JOHN THYS

Le président libérien George Weah a annoncé lundi un train de mesures monétaires et fiscales destinées à enrayer la chute du dollar libérien, qui cohabite avec le dollar américain, et lutter contre l’inflation dans ce petit pays pauvre d’Afrique de l’Ouest.

“Trouver des solutions durables aux défis macroéconomiques prendra du temps”, a prévenu dans un discours à la nation l’ancien attaquant vedette du PSG et du Milan AC, qui a accédé à la présidence du Liberia le 22 janvier.

Parmi les mesures annoncées, qui seront précisées “dans les prochaines semaines”, M. Weah a cité “une injection immédiate dans l’économie, par la Banque centrale libérienne, de 25 millions de dollars américains afin d’éponger la liquidité excessive de dollars libériens”.

Lundi, il fallait quelque 160 dollars libériens pour obtenir un dollar américain, contre seulement 100 en juin 2017. La chute du dollar libérien a entraîné une augmentation des prix, notamment des denrées de base. Selon M. Weah, l’inflation est passée de 17% en février à 21% actuellement.

Les pouvoirs de la Banque centrale seront renforcés pour permettre une supervision plus efficace des bureaux de change, ainsi qu’un meilleur contrôle des banques, a indiqué le président libérien.

Une analyse sera menée sur les réserves en dollars américains et libériens détenues en dehors du système bancaire et des mesures seront prises pour encourager le recours au système bancaire et aux instruments financiers, selon George Weah.

L’ex-star du foot a aussi indiqué que son plan de développement stratégique, destiné en particulier à combattre la pauvreté et promis pendant sa campagne électorale, serait bientôt présenté publiquement.

George Weah a succédé à Ellen Johnson Sirleaf – première femme élue chef de l’Etat en Afrique – à la tête de ce pays en grande précarité financière, après la guerre civile de 1989-2003 et une épidémie d’Ebola meurtrière (2014-2016), lourdement dépendant de l’aide internationale.

Depuis son élection, il s’est tourné vers des pays partenaires, notamment en Afrique et en Europe, afin de chercher de l’aide pour répondre aux attentes immenses soulevées par son arrivée au pouvoir, notamment au sein de la jeunesse.

En mai, il avait annoncé une réduction des taxes d’importation sur plus de 2.000 produits. Malgré d’importantes ressources de minerai de fer, caoutchouc et huile de palme, la majeure partie de la population manque de services de base, comme l’électricité et l’eau courante.

Source: AFP