
Les Pays-Bas et l’Allemagne ont annoncé qu’ils restitueront au Ghana près de 2 000 objets historiques et biens culturels importés durant la période coloniale. L’annonce a été faite le 20 juin 2026, lors de la conférence internationale « Accra Next Steps » sur la justice réparatrice et la restitution du patrimoine culturel, organisée à Accra, au Ghana, du 17 au 19 juin 2026.
Par Irene Herman
C’était au cours de la séance plénière de clôture que les ambassadeurs des deux pays ont présenté au président ghanéen, John Dramani Mahama, un catalogue des objets destinés à être restitués. Les objets concernés comprennent des artefacts de grande importance historique, spirituelle et culturelle, dont certains avaient été retirés du territoire ghanéen il y a plusieurs décennies.
Pour le gouvernement du Ghana, cette restitution représente bien plus qu’un simple transfert d’objets. Elle constitue une reconnaissance des injustices commises durant la période coloniale et un pas vers la réparation d’un héritage longtemps marqué par le pillage du patrimoine africain. Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a salué cette décision, estimant qu’elle renforce les efforts internationaux en faveur de la restitution des biens culturels africains. Il a également indiqué que plusieurs des objets concernés proviennent notamment de la région traditionnelle de Kpando.
Depuis plusieurs années, la question de la restitution des œuvres africaines conservées dans les musées européens occupe une place centrale dans les débats internationaux. De nombreux États africains réclament le retour d’objets acquis dans des contextes de conquête, de guerre ou de domination coloniale. Les Pays-Bas et l’Allemagne figurent parmi les pays européens qui ont récemment adopté une politique plus favorable à la restitution. Les Pays-Bas ont déjà restitué plusieurs bronzes du Bénin au Nigeria, tandis que l’Allemagne a également engagé le retour d’importantes collections issues du royaume Danhomē, actuel Bénin.
Pour le Ghana, cette nouvelle restitution pourrait ouvrir la voie à d’autres retours d’objets culturels dispersés dans des collections étrangères. Elle témoigne également d’une évolution des relations entre l’Europe et l’Afrique, où la reconnaissance des injustices historiques devient progressivement un élément central du dialogue diplomatique. Au-delà de leur valeur matérielle, ces objets représentent une part essentielle de l’identité, de l’histoire et de la mémoire des communautés ghanéennes. Leur retour est perçu comme une contribution à la préservation du patrimoine national et à la transmission de l’histoire aux générations futures.















