
Le sommet annuel de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) s’est achevé ce mardi 1er Septembre à Bichkek, la capitale du Kirghizstan sur une déclaration offensive de Vladimir Poutine. Le président russe a affirmé à cette occasion, que l’organisation était devenue de fait, la plus grande organisation régionale au monde, rassemblant des pays dont la population cumulée représente environ la moitié de l’humanité.
Par Irene Herman
Devant les dirigeants réunis dans la capitale kirghize, Poutine a dressé le bilan d’un quart de siècle d’existence pour l’OCS, fondée en 2001 à l’initiative de la Chine et de la Russie. Il a salué les progrès accomplis par le bloc, le présentant comme un pôle désormais incontournable de ce que Moscou décrit comme un monde multipolaire en construction, une formule récurrente dans le discours diplomatique russe, qui vise à contester l’ordre international dominé par les puissances occidentales.
L’argument démographique mis en avant par le chef du Kremlin repose largement sur le poids conjugué de la Chine et de l’Inde, qui à elles seules concentrent plus d’un tiers de la population mondiale, et auxquelles s’ajoutent la Russie, le Pakistan, l’Iran et plusieurs républiques d’Asie centrale.
Le sommet, qui s’est déroulé sur deux jours, a rassemblé un aréopage de dirigeants de premier plan : le président chinois Xi Jinping, le président iranien Massoud Pezeshkian, le président turc Recep Tayyip Erdogan, ainsi que le premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif.
Dès son arrivée le 31 août à l’aéroport de Manas, où il a été accueilli par le chef du Cabinet des ministres kirghize Adylbek Kassymaliev, Vladimir Poutine avait entamé une série d’entretiens bilatéraux avec ses principaux partenaires. Ses échanges avec Xi Jinping ont été l’occasion de vanter la solidité du partenariat sino-russe, présenté par les deux camps comme un modèle de relations interétatiques, notamment dans les domaines du numérique et de l’intelligence artificielle. Une progression de 34 % des échanges agricoles entre les deux pays a également été mise en avant comme preuve de l’approfondissement de leur coopération économique.
Le président russe a par ailleurs rencontré le ministre indien des Affaires étrangères pour évoquer le renforcement des liens entre Moscou et New Delhi, avant de participer à la cérémonie d’ouverture des VIᵉ Jeux mondiaux nomades, organisés en marge du sommet à Bichkek. Si l’OCS se présente comme un contrepoids à l’influence occidentale, plusieurs observateurs soulignent que la cohésion du bloc reste fragile. Nombre de ses États membres traversent actuellement des crises internes ou des tensions bilatérales majeures à commencer par l’Inde et le Pakistan, dont la rivalité historique complique régulièrement les prises de décision communes, ou encore l’Iran, confronté à une pression internationale accrue.
L’élargissement de l’organisation ces dernières années avec l’admission de l’Inde et du Pakistan en 2017, puis de l’Iran en 2023 a renforcé son poids démographique et géographique, mais a aussi complexifié sa capacité à parler d’une seule voix sur les grands dossiers internationaux, qu’il s’agisse du commerce, de la sécurité régionale ou des relations avec les puissances occidentales.












