Accueil A LA UNE L’Ouganda et le Burundi se rapprochent d’un engagement militaire à Gaza

L’Ouganda et le Burundi se rapprochent d’un engagement militaire à Gaza

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Deux pays d’Afrique de l’Est, l’Ouganda et le Burundi, s’apprêtent à rejoindre la liste, encore courte, des nations prêtes à envoyer des troupes dans la bande de Gaza au sein de la force internationale de stabilisation voulue par l’administration américaine.

Par Irene Herman 

Des officiers ougandais et burundais se sont rendus conjointement en Israël la semaine dernière pour évoquer les modalités d’un éventuel déploiement, selon des sources proches du dossier citées par l’agence Associated Press. Un responsable du « Board of Peace », l’organe piloté par Washington chargé de superviser le plan de paix pour Gaza, a confirmé que les délégations des deux pays avaient échangé sur le sujet lors de cette visite.

Côté ougandais, le dossier est désormais bien avancé : le Parlement de Kampala a approuvé l’envoi d’environ 1200 soldats, et les autorités finalisent à présent les derniers détails logistiques de l’opération. Le Burundi, en revanche, n’a pris aucun engagement formel. Un officier burundais a néanmoins indiqué que son pays semblait déterminé à franchir le pas, une intention saluée par les responsables du Board of Peace, qui évoquent des échanges jugés constructifs entre les deux délégations.

Annoncée dans le cadre de l’accord conclu le mois dernier sous l’impulsion de Donald Trump  prévoyant le désarmement du Hamas et un retrait progressif des forces israéliennes, cette force internationale de stabilisation doit à terme compter 20.000 hommes. Elle serait placée sous le commandement du général américain Jasper Jeffers et aurait pour mission de surveiller le cessez-le-feu, de former une police palestinienne et de sécuriser l’acheminement de l’aide humanitaire dans les zones administrées par un futur comité technique.

Pour l’heure, les engagements restent très en deçà de cet objectif. Le Maroc a promis jusqu’à 500 soldats, tandis que le Kosovo, le Kazakhstan et l’Albanie ont ensemble annoncé l’envoi d’une centaine d’hommes. L’Indonésie, qui avait initialement prévu de fournir le contingent le plus important d’environ 8 000 soldats, a suspendu ce projet après les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, laissant planer une incertitude sur l’ampleur réelle que pourra atteindre cette coalition.

Le choix de l’Ouganda et du Burundi n’a rien d’anodin : les deux pays comptent parmi les contributeurs les plus expérimentés des missions de paix africaines, notamment au sein de l’Union africaine en Somalie et en République centrafricaine. Le Burundi, l’un des pays les plus pauvres du continent, dont l’économie repose largement sur le café et le thé, a par ailleurs une longue expérience de projection de troupes à l’étranger, y compris récemment dans l’est de la République démocratique du Congo.

Ni les autorités ougandaises ni les autorités burundaises n’ont pour l’instant répondu publiquement aux sollicitations sur les contreparties qu’elles pourraient obtenir en échange de leur participation  une question qui, selon plusieurs observateurs, pourrait s’avérer déterminante pour convaincre d’autres pays hésitants à franchir le pas.