Nigeria : les poussées inflationnistes impactent les rendements des bons du Trésor ayant une durée de 180 jours

Fin novembre 2019, le niveau d’inflation (hausse générale des prix dans une économie) au Nigeria a atteint les 11,38%, un niveau record sur les 12 précédents mois.

Par Idriss Linge

Cette hausse des prix est encore plus remarquée sur les denrées alimentaires, un des éléments qui comptent le plus dans le panier des ménages. Or en même temps que les prix prennent une tendance haussière, les investissements les plus sûrs, ceux notamment faits sur les bons du Trésor émis pour 180 jours, sont moins rentables.

Les premiers titres de cette catégorie émis cette année sur le marché monétaire nigérian sont assortis d’un taux d’intérêt de 11,5%. Cela réduit considérablement la marge entre la hausse des prix et le niveau de gain réalisé, si on investit sur ces titres. En investissant sur les bons du Trésor, les investisseurs individuellement ou dans le cadre d’une institution, cherchent au pire à conserver le pouvoir d’achat de leur capital pour dégager une marge supplémentaire.

Un signe que les investisseurs sont inquiets sur le marché monétaire nigérian, c’est que le rendement qui associe le taux d’intérêt et la différence positive dégagée en achetant un titre financier à un prix bas, augmente sur les bons du Trésor à un an de maturité. Ce gain potentiel était de 15,2% pour les bons émis vers la fin de l’année 2019. Cela informe de ce que les investisseurs ont accepté un prix de cession plus faible, pour éviter d’essuyer des pertes futures en raison d’une prévision d’inflation en hausse.

L’inflation risque de continuer à progresser au Nigeria. Plusieurs raisons concrètes sont mises en avant. Le pays continue de maintenir fermées ses frontières avec ses voisins : le Bénin et le Niger. Cette décision avait pour but de protéger le tissu naissant de production locale de certaines denrées comme le riz. Mais sur le court terme, les prix ont plutôt augmenté. Par ailleurs, la Loi de finances qui a été adoptée a consacré une hausse des salaires pour les agents de la fonction publique.

L’initiative est bonne, mais puisque le Nigeria est une économie extravertie sur bien de points, cette hausse de revenus risque de générer une inflation monétaire, car il y aura une plus forte demande de devises pour satisfaire les besoins de consommation des revenus supplémentaires générés.

Enfin, le Nigeria a consacré l’idée d’une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Une décision qui se traduira elle aussi par une hausse généralisée des prix.

En plus de cette TVA, plusieurs autres taxes ont été ajoutées notamment celle sur le péage routier. Elle viendra rajouter des surcoûts aux services de transports, dont les prix sont déjà alourdis par la faible qualité du réseau des infrastructures routières. L’évolution au sein du marché monétaire nigérian est à suivre en ce début d’année.

Source: Ecofin

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