Accueil A LA UNE Togbévi Kpéssé : l’audience numérique au service des plus fragiles

Togbévi Kpéssé : l’audience numérique au service des plus fragiles

780
L’activiste togolais Togbévi Kpéssé, de son vrai nom Edoh Koffi Yves Agbodjan, dans une rue de New York lors de l’Assemblée générale des Nations unies. ©2025 / Photo : Jean-Claude Abalo

À l’heure où les réseaux sociaux sont devenus des espaces privilégiés de divertissement, d’information et de visibilité, certains choisissent d’en faire des instruments au service de la solidarité. Togbévi Kpéssé, connu à l’état civil sous le nom de Edoh Koffi Yves Agbodjan, s’inscrit dans cette démarche en mettant sa visibilité numérique au service d’actions sociales en faveur des personnes vulnérables. Une présence en ligne qui, au-delà de la communication, se veut un moyen de sensibiliser, de mobiliser et de contribuer concrètement au bien-être des plus démunis.

Par Soviépé Dégonmin

Loin de se cantonner au divertissement, ses diffusions en direct se muent régulièrement en véritables espaces de mobilisation citoyenne. Il y expose des situations de détresse, qu’il s’agisse de familles confrontées à de graves difficultés, de personnes malades dépourvues de ressources ou encore de patients hospitalisés dans l’incapacité de faire face à leurs frais de soins. À chaque fois, il en appelle à la solidarité de sa communauté, invitant chacun à contribuer selon ses possibilités.

Le mécanisme repose sur une idée simple : la mise en commun de modestes contributions individuelles peut, une fois agrégées, représenter une aide significative pour une personne confrontée à une situation d’urgence. Cette mobilisation collective permet ainsi de transformer la visibilité acquise sur les réseaux sociaux en un soutien concret aux personnes en difficulté.

Trois catégories de bénéficiaires retiennent particulièrement son attention. Les personnes confrontées à une précarité soudaine figurent en premier lieu parmi les situations prises en compte, notamment lorsqu’elles doivent faire face à des dépenses imprévues qu’elles ne sont pas en mesure d’assumer seules. Viennent ensuite les veuves et les orphelins, dont la situation économique peut se trouver considérablement fragilisée après la disparition d’un soutien familial.

Les malades hospitalisés constituent enfin une catégorie à part. Pour ceux qui ne disposent pas des moyens nécessaires pour régler leurs frais de soins, l’intervention ne relève pas seulement d’un geste de solidarité : elle peut conditionner la poursuite d’un traitement et, dans certains cas, contribuer à préserver une vie.

–Une solidarité collective, portée par le nombre-

Cette démarche ne repose pas sur les seules ressources de Togbévi Kpéssé. Elle s’appuie avant tout sur l’adhésion de ses abonnés, qui acceptent de participer, souvent modestement, à ces collectes ponctuelles. C’est cette mutualisation qui donne à l’initiative toute sa portée : un don isolé pèse peu, mais multiplié par le nombre de contributeurs, il peut changer une situation.

Cette trajectoire illustre une mutation plus large : celle du créateur de contenu qui devient relais de solidarité. L’influence acquise en ligne, au lieu de rester cantonnée à la sphère du divertissement, se transforme ici en levier d’action sociale concrète. Naturellement, ces initiatives privées ne remplacent pas les dispositifs institutionnels ou associatifs existants ; elles s’y ajoutent, comme un maillon supplémentaire dans le tissu de l’entraide sociale. Dans un contexte économique difficile pour de nombreuses familles, ce type d’action garde toutefois une utilité réelle et immédiate.

Sous le nom de Togbévi Kpéssé, Edoh Koffi Yves Agbodjan incarne une facette souvent moins visible des personnalités du numérique : celle d’un acteur social qui met sa communauté au service de causes humaines. Au-delà des vues et des abonnés, c’est peut-être là que se mesure l’impact réel d’une audience : dans sa capacité à se mobiliser quand une personne vulnérable a besoin d’aide.