Accueil A LA UNE Au sommet des BRICS, Guterres plaide pour une refonte des institutions mondiales

Au sommet des BRICS, Guterres plaide pour une refonte des institutions mondiales

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© Press Information Bureau, Government of India Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, rencontre le Premier ministre indien, Narendra Modi, en marge du 18e sommet des BRICS à New Delhi.

Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a lancé un appel pressant à la réforme des grandes institutions multilatérales, dimanche, lors du 18e sommet des BRICS organisé à New Delhi en Inde. Face à un monde qu’il juge en pleine recomposition, le chef de l’ONU estime que les structures héritées de l’après-guerre ne correspondent plus aux réalités économiques, démographiques et géopolitiques du XXIe siècle.

Par Irene Herman 

Devant les dirigeants d’une dizaine de pays émergents réunis pour ce sommet annuel, António Guterres a rappelé que l’architecture institutionnelle actuelle, le Conseil de sécurité de l’ONU en tête, remonte à 1945, année de fondation de l’Organisation. Un monde, a-t-il souligné, qui n’a plus grand-chose à voir avec celui d’aujourd’hui. Il a également ciblé le système de Bretton Woods, l’ensemble des institutions financières internationales : le FMI et la Banque mondiale mises en place en 1944 pour stabiliser l’économie mondiale d’après-guerre.

Pour illustrer l’ampleur des bouleversements survenus depuis, le Secrétaire général a évoqué l’adoption récente par l’Assemblée générale de l’ONU de la carte « Equal Earth », qui remplace la projection de Mercator, longtemps critiquée pour la représentation déformée qu’elle donnait du monde, notamment en minimisant visuellement le poids des pays du Sud.

Selon Guterres, la dynamique à l’œuvre est celle d’un basculement progressif et désormais impossible à inverser vers un monde multipolaire. Cette évolution, a-t-il affirmé, peut contribuer à rééquilibrer les systèmes et institutions mondiales, à condition que ces dernières soient réformées en profondeur pour refléter les rapports de force actuels. Le Secrétaire général a par ailleurs mis en garde contre le risque d’inégalités accrues liées au développement de l’intelligence artificielle, et a appelé à un renforcement du financement climatique destiné aux pays en développement.

–Un soutien appuyé à l’Inde et à sa demande de siège permanent-

Cette prise de position intervient alors que l’Inde assure, pour la quatrième fois, la présidence tournante des BRICS. En marge du sommet, Guterres s’est entretenu avec le Premier ministre Narendra Modi, qui a profité de la session d’ouverture pour déclarer que la réforme du Conseil de sécurité « ne peut plus être retardée », dénonçant une gouvernance mondiale actuelle qu’il a comparée à une « pyramide de privilèges ». New Delhi milite de longue date pour l’obtention d’un siège permanent au sein d’un Conseil de sécurité élargi.

Le porte-parole de Guterres, Stéphane Dujarric, a confirmé que les Nations unies soutenaient pleinement cette dynamique de changements structurels à travers l’ensemble des instances internationales, rappelant que cette position s’inscrit dans la continuité des positions défendues par le Secrétaire général depuis son entrée en fonction. Le sommet de New Delhi réunit désormais onze pays membres : Brésil, Chine, Égypte, Éthiopie, Inde, Indonésie, Iran, Russie, Arabie saoudite, Afrique du Sud et Émirats arabes unis, confirmant l’élargissement progressif d’un groupe conçu à l’origine comme un forum des grandes économies émergentes. 

Placée sous le thème : Bâtir pour la résilience, l’innovation, la coopération et la durabilité, la présidence indienne entend faire de ce sommet une étape vers une meilleure représentation des pays du Sud au sein des instances multilatérales. La rencontre doit s’achever par l’adoption par consensus d’une déclaration finale, dite « déclaration de New Delhi », dont le contenu précis sur la question de la réforme des institutions internationales sera scruté de près par les chancelleries occidentales, historiquement réticentes à toute refonte substantielle du Conseil de sécurité.