
Alors que le fragile cessez-le-feu au Moyen-Orient touche à sa fin, les tensions remontent d’un cran. L’Iran durcit son discours et laisse planer la perspective d’une nouvelle escalade. Le président de son Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré avec vigueur que son pays était prêt à «abattre de nouvelles cartes sur le champ de bataille» si la guerre venait à reprendre. La déclaration alimente les inquiétudes d’une escalade régionale.
Par Irene Herman
Dans un message publié à deux jours de l’expiration de la trêve, le responsable iranien a précisé que Téhéran s’était préparé à cette éventualité au cours des dernières semaines. «Nous n’acceptons pas de négocier sous la menace», a-t-il également indiqué, soulignant avec précision, la ligne dure adoptée par les autorités iraniennes face aux pressions américaines.
Les discussions indirectes entre Téhéran et Washington peinent à avancer, et les deux camps ne cessent de s’accuser mutuellement, de faire obstacle à toute désescalade durable. L’Iran refuse toute négociation sous la menace, tandis que les États-Unis maintiennent une pression militaire et économique soutenue. Les autorités iraniennes laissent cependant planer l’idée d’un changement de stratégie en cas de conflit ouvert. Sans détailler explicitement ces stratégies, les propos de Ghalibaf laissent entrevoir plusieurs options : intensification des frappes de missiles et de drones, extension du conflit à d’autres fronts régionaux, ou encore recours accru à des alliés armés dans plusieurs pays de la région. Les capacités cybernétiques et les leviers économiques, notamment autour des routes énergétiques stratégiques, pourraient également entrer en jeu selon Téhéran.
Depuis le début de la guerre, le conflit s’est progressivement étendu au-delà d’un affrontement direct. Des tensions persistantes impliquent plusieurs acteurs régionaux, alimentant un climat d’instabilité généralisée. Les voies maritimes essentielles au commerce mondial, en particulier dans le Golfe, restent sous surveillance étroite, avec des répercussions potentielles sur les marchés énergétiques. La fin imminente de la trêve apparaît ainsi comme un moment critique. Les chancelleries occidentales et les puissances régionales redoutent une reprise rapide des combats, qui pourrait dépasser le cadre initial du conflit. Plusieurs appels à la retenue ont été lancés ces derniers jours, sans garantie d’être entendus. L’Onu tire également la sonnette d’alarme, mais américains et iraniens se regardent toujours en chien de faillance.














