
Le Président béninois Romuald Wadagni s’est rendu, mardi après-midi, sans annonce préalable, au camp militaire de Parakou, base arrière de l’opération Mirador déployée contre les groupes armés terroristes dans le nord du pays. Cette visite impromptue a suscité une forte émotion parmi les militaires présents.
Par Esse Sewa
Le convoi présidentiel a franchi les grilles du camp en fin de journée, sans annonce officielle préalable une méthode que le chef de l’État a adoptée pour ses déplacements de contrôle de l’action publique. Sur place, la nouvelle de son arrivée a d’abord suscité la surprise avant qu’officiers et hommes du rang ne se rassemblent spontanément pour l’accueillir. Plusieurs militaires ont fait état d’une vive émotion à l’annonce de la présence du chef suprême des armées, certains confiant avoir eu du mal à contenir leurs larmes. D’autres ont souligné le sens que ce geste redonnait à leur engagement, mené loin des regards, dans une région exposée à la menace terroriste.
Le président s’est longuement entretenu avec les militaires engagés dans l’opération Mirador, les interrogeant sur leurs conditions de vie, leur équipement et les réalités opérationnelles auxquelles ils sont confrontés au quotidien. Plusieurs soldats ont salué la précision de ses questions et son souhait de comprendre les difficultés du terrain au-delà des rapports officiels. La hiérarchie militaire a par ailleurs profité de la visite pour présenter au chef de l’État l’état des dispositifs déployés, les résultats obtenus dans le cadre de l’opération, ainsi que les besoins identifiés pour renforcer l’efficacité des unités engagées.
Dans un contexte où la lutte contre le terrorisme impose des sacrifices importants aux forces de défense et de sécurité, cette visite a été interprétée par plusieurs militaires comme une reconnaissance de leur engagement. Plusieurs d’entre eux ont insisté sur la simplicité de l’échange et l’absence de mise en scène protocolaire. Cette visite au camp de Parakou illustre la méthode revendiquée par le président Wadagni : privilégier le contact direct avec les réalités du terrain plutôt que les seuls comptes rendus administratifs, dans un pays confronté depuis plusieurs années à des incursions de groupes armés dans ses régions septentrionales.















