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Le Tchad annonce son retrait de la Cour pénale internationale

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Le président tchadien Mahamat Idriss Deby Itno, en juin 2025. © Facebook Mahamat Idriss Deby Itno

Le gouvernement tchadien a annoncé, le lundi 27 juillet 2026, son intention de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI). Il accuse l’institution basée à La Haye d’appliquer une justice « à géométrie variable » et de s’être progressivement transformée en un instrument politique. Le Tchad devient ainsi, le cinquième État à annoncer son retrait de la juridiction, après le Venezuela, le Burkina Faso, le Mali et le Niger. 

Par Moubarack Assoumbolo

Dans un communiqué officiel, les autorités tchadiennes expliquent que cette décision est le résultat d’un « examen approfondi » du fonctionnement de la Cour depuis son entrée en activité en 2002. Selon le gouvernement, le bilan de la CPI reste limité et révèle un déséquilibre structurel dans la conduite de ses enquêtes et de ses poursuites. N’Djamena souligne que, sur les treize enquêtes ouvertes par la Cour depuis sa création, neuf concernent des situations africaines. Les autorités estiment en revanche que les procédures engagées dans d’autres régions du monde n’ont pas connu de progression comparable, alimentant, selon elles, le sentiment d’une justice internationale appliquée de manière sélective.

Le communiqué met également en avant les résultats judiciaires de l’institution, rappelant que la CPI ne compte actuellement que sept personnes détenues, dont six sont impliquées dans des affaires liées au continent africain. Pour le gouvernement tchadien, ces chiffres illustrent les limites de l’efficacité de la Cour ainsi qu’un traitement jugé disproportionné des dossiers africains. Le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Gassim Chérif, a défendu cette décision en affirmant qu’elle relève pleinement de la souveraineté du Tchad. Intervenant sur le média public Tchad Infos, il a qualifié la CPI d’institution devenue, selon ses termes, un instrument de domination politique et de néocolonialisme.

L’annonce intervient quelques jours après un entretien téléphonique entre le ministre tchadien des Affaires étrangères et le sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires africaines. D’après un communiqué publié par le ministère tchadien la semaine précédente, le responsable américain aurait exprimé des réserves sur le fonctionnement de la Cour et encouragé N’Djamena à réexaminer son adhésion au Statut de Rome, traité fondateur de la CPI.

-Un contexte régional sous forte pression diplomatique-

Cette décision intervient alors que le Tchad fait face à une pression diplomatique croissante liée au conflit au Soudan. Plusieurs organisations nationales et internationales accusent le pays de soutenir le général Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemedti », chef des Forces de soutien rapide (FSR), engagées dans une guerre contre l’armée soudanaise. Parallèlement, N’Djamena est régulièrement critiqué pour des allégations de violations des droits humains, notamment des arrestations arbitraires, des restrictions des libertés publiques et des atteintes aux droits fondamentaux.

Conformément aux dispositions du Statut de Rome, le retrait du Tchad ne deviendra effectif qu’à l’issue d’un délai d’un an après la notification officielle. Si cette procédure est menée à son terme, elle marquera une nouvelle étape dans l’éloignement entre plusieurs États africains et la Cour pénale internationale, une institution dont les détracteurs dénoncent depuis plusieurs années une focalisation jugée excessive sur les affaires africaines, tandis que la CPI affirme agir exclusivement sur la base de son mandat juridique et des critères prévus par le Statut de Rome.