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Mali-Algérie : le dégel se confirme avec la visite du Premier ministre malien à Alger

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Le Premier ministre malien, le Général de Division Abdoulaye Maïga et le président algérien, Abdelmadjid Tebboune

Le Premier ministre malien, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a entamé ce lundi une visite de travail de deux jours en Algérie. Cette visite marque une étape supplémentaire dans le processus de réchauffement des relations entre Bamako et Alger, après plusieurs mois de tensions diplomatiques.

Par Rachida Lemourne

À son arrivée à l’aéroport international Houari Boumediene, le chef du gouvernement malien a été accueilli par son homologue algérien, Sifi Ghrieb, avant que les honneurs militaires ne soient rendus aux deux personnalités. La visite intervient à l’invitation officielle du Premier ministre algérien, formulée à la suite d’un entretien téléphonique tenu le 9 août dernier entre les deux chefs de gouvernement. 

Reçu en audience par le président Abdelmadjid Tebboune, Abdoulaye Maïga s’est présenté comme porteur d’un message écrit du président de la Transition malienne, le Général d’Armée Assimi Goïta. Selon les informations communiquées à l’issue de cette rencontre, le chef de l’État malien aurait fait savoir qu’il acceptait le principe d’une visite officielle en Algérie, dans le prolongement de ce dialogue renoué entre les deux capitales.

Devant la presse, le Premier ministre malien a livré une formule appelée à marquer les esprits : « Le Mali et l’Algérie sont condamnés à cheminer ensemble pour la prospérité de leurs deux peuples ». Une déclaration qui traduit la volonté affichée par les deux gouvernements de tourner la page des dernières frictions diplomatiques et de rebâtir une relation de confiance fondée sur la géographie, l’histoire commune et des intérêts partagés.

Cette rhétorique n’est pas nouvelle dans la bouche du chef du gouvernement malien. Le 6 août, lors du Grand Oral consacré au bilan des cinq années de Transition au Mali, Abdoulaye Maïga avait déjà évoqué une convergence totale de vues entre les présidents Goïta et Tebboune, insistant notamment sur le respect de la souveraineté des États et le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures. Il avait alors réaffirmé l’ambition commune des deux pays de bâtir « une région pacifiée, sécurisée et débarrassée du terrorisme, du néocolonialisme et de toute prétention hégémonique ».

Au-delà de l’audience présidentielle, Abdoulaye Maïga doit tenir plusieurs séances de travail avec Sifi Ghrieb, consacrées à la relance de la coopération entre les deux pays sur des dossiers d’intérêt commun. Selon la Primature malienne, cette séquence diplomatique illustre la volonté des plus hautes autorités des deux États de privilégier le dialogue, la concertation et la coopération. Bamako affiche désormais l’ambition de construire avec Alger un partenariat fondé sur le dialogue direct, régulier et constructif, dans le respect mutuel, la confiance réciproque et la préservation des intérêts propres à chaque État.

Cette visite s’inscrit dans un contexte plus large de recomposition des relations entre le Mali et l’Algérie, longtemps marquées par des divergences, notamment sur les questions sécuritaires dans le nord du Mali. L’annonce d’une future visite officielle d’Assimi Goïta sur le sol algérien, si elle se confirme, constituerait le signe le plus tangible à ce jour d’une normalisation durable entre les deux voisins, unis par plus de 1300 kilomètres de frontière commune et par des décennies de coopération historique.