

Le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ont averti ce vendredi 14 Août 2026 que, faute de financements urgents, les distributions alimentaires de septembre pourraient être les toutes dernières pour 240 000 réfugiés parmi les plus vulnérables au Soudan du Sud.
Par Irene Herman
Ces 240 000 personnes ne sont que le reliquat d’un groupe bien plus large : plus de 650 000 réfugiés et demandeurs d’asile recevaient jusqu’à présent un soutien alimentaire à travers le pays. Au fil des mois, le PAM a dû réduire progressivement son assistance à cause du manque de fonds, si bien que les rations sont déjà tombées à la moitié du niveau normal pour ceux qui en bénéficient encore. À Juba, Adham Effendi, directeur adjoint du PAM au Soudan du Sud a résumé la situation en avertissant que la coupure totale n’est plus un scénario hypothétique, mais une réalité qui pourrait s’imposer d’ici quelques semaines.
Cette annonce intervient alors que le Soudan du Sud traverse l’une des pires crises de faim au monde. Plus de 7,8 millions de personnes soit plus de la moitié de la population du pays sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, et 2,2 millions d’enfants souffrent de malnutrition aiguë. Le pays continue par ailleurs d’absorber environ 3000 nouveaux réfugiés et rapatriés chaque semaine, fuyant le conflit qui ravage le Soudan voisin depuis 2023 et qui a provoqué l’une des plus grandes crises de déplacement au monde.
Le déficit budgétaire est considérable. Le PAM doit combler un trou de 37 millions de dollars pour sa seule réponse aux réfugiés, sur un manque de financement global de 258 millions de dollars pour le reste de l’année 2026 une somme qui conditionne le maintien de l’aide vitale pour 4,2 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire dans tout le pays. De son côté, le HCR n’a pour l’instant obtenu que 28 % des 286 millions de dollars dont il a besoin cette année pour assurer la protection et l’assistance de base à près de quatre millions de réfugiés, déplacés internes, rapatriés et membres de communautés d’accueil vulnérables. L’agence souligne que ce manque à gagner menace aussi ses programmes d’autonomisation agricole, formation professionnelle censés réduire à terme la dépendance à l’aide humanitaire.
Sur le terrain, les conséquences se font déjà sentir. Des familles réduisent le nombre de leurs repas quotidiens, vendent leurs derniers biens, retirent leurs enfants de l’école et s’endettent pour survivre. Les femmes et les enfants sont particulièrement exposés à des risques accrus d’exploitation et d’abus. Signe de désespoir, certains réfugiés ont demandé au HCR de les aider à rentrer au Soudan alors même que l’agence onusienne juge les conditions là-bas toujours dangereuses pour un retour.
Le PAM et le HCR ont lancé un appel commun pour un financement immédiat et flexible, seul moyen d’éviter une suspension pure et simple de l’aide vitale. Sans nouvelle contribution rapide, les agences préviennent que de nouvelles coupes sont inévitables avec le risque de voir s’effondrer les fragiles progrès accomplis ces derniers mois pour stabiliser la situation humanitaire dans le pays.












