
L’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la Syrie, M. Claudio Cordone, a vivement condamné, devant le Conseil de sécurité, la poursuite des activités militaires israéliennes en Syrie notamment la frappe du 18 août contre une base aérienne dans le nord du pays. Soutenu par plusieurs délégations, il a aussi dénoncé des incursions terrestres, des perquisitions et des destructions de biens dans le sud, en violation de la souveraineté syrienne et de l’Accord de désengagement de 1974. Il a par ailleurs rappelé que le Golan demeure un territoire occupé selon le droit international.
Par Irene Herman
Claudio Cordone a néanmoins salué les efforts américains pour un arrangement sécuritaire et un mécanisme de déconfliction entre les deux pays. La Chine et la Türkiye ont appuyé ce constat, cette dernière rejetant cependant, le parallèle établi par Israël entre son occupation et la coopération sécuritaire d’Ankara avec Damas. La France à son tour, a appelé Israël à cesser ses incursions et à respecter l’Accord de 1974. Le Danemark a quant à lui jugé inacceptables les déclarations israéliennes sur un maintien indéfini en Syrie. Pour ce qui concerne la Grèce, elle a salué l’ouverture de pourparlers directs pendant que les États-Unis ont appelé à la désescalade. La Syrie accuse le gouvernement israélien d’extrémisme et réclame le retrait total des territoires occupés.
Sur le plan économique, le retrait de la Syrie de la liste américaine des États parrains du terrorisme a été salué par la France, Bahreïn et la Türkiye, comme une étape vers la levée des sanctions et le retour des investisseurs. La Russie a plaidé pour une levée complète des sanctions. Côté politique, le Bahreïn et la France ont salué les progrès de la transition : intégration des Forces démocratiques syriennes, justice transitionnelle et lutte contre l’impunité. Mme Rola Roukbi du Women Now for Development-Liban s’est toutefois inquiétée de la faible place des femmes : moins de 11 % au Parlement, une seule ministre au gouvernement de transition.
Elle a appelé à ne pas reporter la question des droits des femmes. Le Danemark et M. Cordone ont rappelé le même message porté par le Secrétaire général lors de sa visite en Syrie le mois dernier. Sur le plan humanitaire, M. Indrika Ratwatte a souligné que malgré le retour de près de 2 millions de déplacés et 1,7 million de réfugiés depuis décembre 2024, plus de 5,5 millions de personnes restent déplacées et les besoins demeurent immenses. La Russie a regretté un financement humanitaire limité à 30 %, tout en saluant une allocation de 75 millions de dollars pour les retours, la réintégration et le déminage. La Syrie a estimé que la reprise des vols, l’accès bancaire et l’emploi marquent un retour progressif à la normalité.













