Accueil A LA UNE Musique : Sonny Rollins, le souffle immense du jazz s’est éteint

Musique : Sonny Rollins, le souffle immense du jazz s’est éteint

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Le monde du jazz est en deuil. Sonny Rollins, considéré comme l’un des plus grands saxophonistes de l’histoire, est décédé lundi 25 mai 2026 à l’âge de 95 ans, à son domicile de Woodstock, dans l’État de New York. Avec sa disparition, c’est une page essentielle de la musique américaine du XXe siècle qui se tourne.

Par Robert Lee

Surnommé « Saxophone Colossus » après la sortie de son album mythique en 1956, Sonny Rollins incarnait à lui seul la puissance créative du jazz moderne. Né à Harlem en 1930 dans une famille originaire des îles Vierges, il grandit dans le bouillonnement culturel new-yorkais et découvre très tôt le bebop, cette révolution musicale portée par Charlie Parker et Dizzy Gillespie. Dès les années 1950, son jeu impressionne par sa liberté, son sens du rythme et son génie de l’improvisation. Rollins enregistre avec les plus grands : Miles Davis, Thelonious Monk, John Coltrane ou encore Max Roach. Ses compositions deviennent rapidement des standards du jazz, notamment St. Thomas, Oleo et Airegin.

Mais Sonny Rollins était aussi un artiste en quête permanente de perfection. À la fin des années 1950, au sommet de sa gloire, il disparaît brusquement de la scène pendant près de deux ans. Chaque jour, il se rend alors sur le pont de Williamsburg, à New York, pour travailler son saxophone loin du bruit des clubs. Cette retraite volontaire donnera naissance à l’album The Bridge, devenu l’un des symboles de son exigence artistique. Au fil des décennies, Rollins n’a jamais cessé d’explorer de nouveaux horizons musicaux, mêlant jazz, calypso, blues et rythmes caribéens. Sur scène, son énergie demeurait intacte, même à un âge avancé. Son jeu puissant, parfois rugueux, toujours inventif, influencera plusieurs générations de musiciens à travers le monde.

Récompensé par de nombreux Grammy Awards et honoré par les plus hautes distinctions culturelles américaines, Sonny Rollins représentait bien plus qu’un virtuose : il était une mémoire vivante du jazz. Aujourd’hui, les hommages affluent du monde entier. Musiciens, critiques et amateurs saluent un artiste qui aura consacré sa vie entière à repousser les limites de l’improvisation et de la liberté musicale. Avec Sonny Rollins disparaît l’un des derniers géants de l’âge d’or du jazz. Mais son souffle, lui, continuera longtemps de résonner dans les clubs, les studios et les oreilles de tous ceux qui voient dans le jazz une forme absolue de liberté.